Panorama des tendances 3D dans le bâtiment et l’immobilier en Suisse en 2024
Les quinze derniers jours ont été marqués en Suisse par une accélération notable dans l’adoption et l’intégration des technologies 3D au sein du secteur du bâtiment et de l’immobilier. L’essor des solutions de visites virtuelles immobilières, du scan 3D, de la photogrammétrie et du BIM traduit une volonté d’optimiser les processus, de gagner en précision et d’améliorer la qualité des projets, tant du côté des professionnels que des utilisateurs finaux.
Les visites virtuelles continuent à s’imposer dans les pratiques des agences et régies immobilières, notamment dans les grandes villes comme Genève, Zurich ou Lausanne, mais aussi dans des communes de taille moyenne. Ces solutions permettent non seulement de faciliter les transactions à distance, mais aussi d’améliorer la transparence pour les futurs acquéreurs ou locataires. L’expérience utilisateur est nettement enrichie grâce à l’immersion offerte, ce qui accélère les prises de décision et réduit les déplacements inutiles, un atout particulièrement apprécié dans le contexte helvétique longuement marqué par la mobilité restreinte.
Du côté du scan 3D et des relevés numériques de bâtiments, l’utilisation de technologies de laser scanning s’amplifie. Ces outils permettent d’obtenir, en quelques heures seulement, un jumeau numérique d’un bâtiment existant, avec une précision millimétrique. Plusieurs projets récents à Bâle et au Tessin ont montré que l’intégration du scan 3D lors de rénovations de bâtiments protégés ou d’ensemble urbains complexes facilite les analyses structurelles, la détection de défauts et la planification des interventions. Les architectes et ingénieurs témoignent d’un gain de temps significatif lors des phases d’étude préliminaires et de conception.
La photogrammétrie devient, quant à elle, une technologie complémentaire de plus en plus utilisée non seulement pour la cartographie de terrains difficiles d’accès, mais aussi pour la constitution rapide de modèles 3D sur des opérations de moindre envergure comme de petits immeubles ou des maisons individuelles. Plusieurs cantons ont communiqué sur la valorisation du patrimoine bâti via des campagnes de modélisations photogrammétriques, offrant un nouveau regard sur l’évolution urbaine.
Le BIM (Building Information Modeling) continue sa progression, non seulement dans les grands projets publics mais aussi au sein d’équipes de taille réduite. Les collectivités suisses encouragent la montée en compétence des acteurs via des formations dédiées et des cahiers des charges adaptés. Plusieurs cas récents illustrent que l’adoption du BIM dès les phases de concours et de planification favorise une meilleure coordination entre les équipes et limite les erreurs lors de l’exécution. La digitalisation du bâtiment s’étend également à la gestion des actifs, permettant aux régies de déployer des processus d’exploitation basés sur des maquettes à jour. L’automatisation de la maintenance et la gestion prédictive des interventions via ces outils deviennent des points différenciants pour les gestionnaires de parcs immobiliers.
Au fil de ces derniers articles, un consensus se dégage sur la nécessité d’intégrer la technologie 3D dès les premières étapes d’un projet, pour garantir une précision accrue des relevés, améliorer la communication entre acteurs et faciliter le rapport coût-efficacité. Les spécificités suisses, comme la diversité linguistique des territoires, la variété des normes cantonales et la préciosité du patrimoine historique, imposent des solutions sur mesure et une collaboration étroite entre maîtrise d’ouvrage, planificateurs et spécialistes.
Enfin, les retours d’expérience de professionnels suisses insistent sur l’importance d’une approche pragmatique et orientée métier pour exploiter pleinement le potentiel de ces outils numériques. Si la digitalisation du secteur est désormais engagée, la formation continue, l’échange de bonnes pratiques et la mutualisation des expériences à l’échelle nationale sont identifiés comme leviers essentiels pour accélérer la montée en maturité du secteur immobilier et du bâtiment suisse dans l’utilisation des technologies 3D.