Tendances et innovations des technologies 3D appliquées au bâtiment en Suisse

Au cours de ces quinze derniers jours, l’actualité suisse des technologies 3D appliquées au bâtiment et à l’immobilier a mis en lumière de nombreuses avancées autour des thématiques de la visite virtuelle, du scan 3D, de la photogrammétrie, de la modélisation BIM et des enjeux de digitalisation sur tout le territoire.

La visite virtuelle immobilière s’impose de plus en plus dans le processus de commercialisation et de gestion des biens. Plusieurs exemples récents, issus de projets à Lausanne, Genève et Zurich, montrent que les promoteurs et régies utilisent désormais régulièrement ces outils pour proposer des expériences immersives aux acheteurs, mais aussi pour faciliter l’évaluation à distance des biens par les investisseurs. Les visites virtuelles permettent surtout un gain de temps significatif et réduisent le nombre de visites physiques. Elles améliorent la compréhension des volumes et des finitions, et participent à une meilleure transparence du marché.

Le scan 3D de bâtiments, également appelé relevé 3D, a connu une adoption croissante, notamment dans les cantons de Vaud, du Valais et de Bâle. De plus en plus d’architectes suisses intègrent le scanning laser dans la phase de diagnostic et de rénovation, assurant une captation fidèle de l’existant, une modélisation précise, ainsi qu’une meilleure anticipation des problématiques techniques. Les relevés 3D apportent une plus-value notable dans la documentation des bâtiments historiques et facilitent la coordination des interventions sur des patrimoines complexes. La précision obtenue autorise la réalisation de plans as-built directement exploitables dans des environnements BIM.

La photogrammétrie s’est distinguée comme une solution flexible, notamment pour la modélisation de façades ou de sites difficilement accessibles. Plusieurs sociétés romandes et tessinoises ont présenté des cas où la photogrammétrie, à partir de simples photos ou de vols de drones, permet de générer rapidement des maquettes numériques. Associée aux technologies LiDAR, la photogrammétrie complète la panoplie des outils numériques au service des métiers du bâtiment, rendant possible la création de représentations 3D à différents niveaux de détail, pour des analyses structurelles ou des études d’urbanisme.

La modélisation BIM (Building Information Modeling) poursuit quant à elle son intégration dans les pratiques suisses, répondant aux exigences croissantes en matière de collaboration entre architectes, ingénieurs et promoteurs. Les récents articles publiés insistent sur l’interopérabilité des données BIM, mais aussi sur la nécessité de former les professionnels aux nouveaux standards. Les chantiers d’envergure en Suisse romande et alémanique exploitent désormais le BIM pour optimiser la gestion de projet, de la programmation à la maintenance, en passant par le suivi chantier et la gestion du bâtiment en exploitation. Les collectivités locales commencent aussi à exiger des modèles BIM pour les dépôts de permis de construire sur certains appels d’offres publics.

La digitalisation du bâtiment en Suisse, au-delà des solutions spécifiques, fait désormais l’objet d’une réflexion globale orientée sur la productivité, la durabilité et la qualité. Les articles soulignent l’importance de la coordination entre tous les acteurs, de la sécurisation des données et de l’accès à des plateformes centralisées. Plusieurs initiatives régionales commencent à fédérer les acteurs de l’immobilier, publiques et privées, autour de plateformes collaboratives et de bases de données partagées. Cette démarche vise à uniformiser les pratiques et à accélérer la transformation digitale du secteur en Suisse.

En synthèse, les tendances récentes confirment que la Suisse vit une accélération de l’adoption des technologies 3D dans l’ensemble des métiers du bâtiment et de la gestion immobilière. L’enjeu principal réside désormais dans l’intégration intelligente de ces solutions, l’accompagnement des professionnels dans l’évolution des pratiques et le développement d’une culture numérique forte, adaptée au contexte local. Les prochains mois devraient voir s’intensifier les collaborations entre les cantons, les entreprises et les collectivités pour renforcer le leadership suisse dans la digitalisation du patrimoine bâti.

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